Obsèques du Maréchal Idriss Déby Itno : Quel est l’objectif principal d’Emmanuel Macron à N’djamena ?

Le Président de la République Française Emmanuel Macron sera présent aux obsèques de l’ancien Chef de l’Etat Tchadien.

Lors de la dernière campagne à l’élection présidentielle du mois d’avril courant, le Maréchal Idriss Deby Itno, Président sortant et chef de l’Etat Tchadien, avait déclaré avec courage et sans ambages ceci : “Les blancs ‘e sont pas Dieu, Dieu est là haut.” Cette déclaration, s’il en était besoin, était une fois de plus la preuve que ce Président était déjà devenu un électron libre vis-à-vis de la France et témoignait à la fois du caractère courageux de ce guerrier infatigable et la qualité de relation qui existait désormais entre son pays et la France. En d’autres termes, cela traduisait que le Tchad prend de plus en plus des distances vis-à-vis de la Métropole. Quand on sait aussi que ce dernier a refusé d’envoyer des éléments à la rescousse des rebelles centrafricains ni de servir de base arrière à ces derniers, l’on peut déduire sans risque de de tromper que le Maréchal Déby n’était plus en odeur de sainteté avec Paris. Toutefois, officiellement, le voyage du Président Macron est en honneur à l’illustre disparu.

Conséquence logique.

Après sa réélection trouvée de trop par Paris, survint alors une rébellion au Tibesti : le Front pour l’Alternance et la concorde au Tchad (FACT). Région montagneuse et rocailleuse, le Tibesti n’offre pas des conditions de mobilités faciles. Cependant la rapidité avec laquelle le FACT s’est déployé et conquis des régions est tout simplement abracadabrant. En quelques jours, et dotés d’une puissance de feu extraordinaire, les rebelles avaient déjà pris le contrôle d’Abeché, ville stratégique qui représente un facteur d’honneur pour le désormais regretté homme fort de N’djamena, le Maréchal Idriss Déby Itno. A la grande surprise générale, ces rebelles étaient annoncés à 300 kilomètres de N’djamena au moment de l’annonce du décès du Chef de l’État Tchadien, survenu semble-t-il au front.

Les enjeux de la présence d’Emmanuel Macron à N’djamena

Les rebelles mettaient la France en garde contre tout soutien au pouvoir de N’djamena. C’est une rhétorique dans la mesure où l’on sait que, quand bien même les rebelles des pays francophones d’Afrique seraient soutenus par le “Sapeur-pompier pyromane” ils vont distraire l’opinion nationale et internationale par de telles sorties médiatiques. A la vérité, les Africains ne sont pas dupes. Tenez ! Les rebelles disent être à 100 kilomètres de la capitale Tchadienne et l’on observe une certaine accalmie. Peut-être que les rebelles ne veulent pas perturber les obsèques de celui qu’ils auraient tué. Soit ! Pourtant stratégiquement, l’on ne doit pas comme dans un match de football, laisser son ennemi organiser ni réorganiser son jeu.

Ce qui semble être un coup d’État avec prise de pouvoir par les militaires semble accepté par la France et son instrument que l’on appelle l’Union Africaine, contrairement à ce que la junte militaire au Mali a subi comme pressions après le renversement d’Ibrahim Boubacar Keita (IBK). L’armée ivoirienne était prête même à intervenir au Mali. L’on peut donc comprendre que quant la France contrôle ou alors a une influence certaine sur les militaires qui on suspendu la constitution, et dissout le Parlement, elle laisse former un Comité de Salut National sans en appeler à ses laquets comme autrefois au Mali pour la pression et même une intervention militaire.

La Présence des rebelles à quelques encablures de N’djamena au moment des obsèques, de la présence d’Emmanuel Macron, est une forme de pression sur le nouveau pouvoir qui doit accepter de reconduire les accords coloniaux pour ne pas se faire siffler par Paris et l’Union Africaine dès le lendemain des obsèques du Président Tchadien le Maréchal Idriss Début Itno de regrettée mémoire. La bataille du week-end annoncée par les rebelles dépendra de l’acceptation ou non du Général de corps d’Armée Mahamat Kaka Idriss Déby Itno et son Comité de transition. Comme dit ce prverbe camerounais : “Il ne faut pas demander au sel dêtre sucré.”

A propos Léonard Fandja 680 Articles
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