Caravane des Chefs traditionnels pour la paix et le vivre ensemble : Le film de la 1ère étape

Caravane des Chefs traditionnels pour la paix et le vivre ensemble : Le film de la 1ère étape

La caravane des Chefs traditionnels pour la paix et le vivre ensemble a débuté par la ville de Douala le samedi 03 août 2019 sur les berges du Wouri.

Comme annoncé lors de la dernière conférence de presse, les chefs traditionnels sont effectivement descendus sur le terrain ce samedi 03 août 2019  pour appeler les ancêtres au secours de leurs fils et petits-fils qui se déchirent atrocement et sans retenue. Arrivée à Douala dans la soirée du vendredi, la délégation officielle de la caravane pour la paix et du vivre ensemble conduite par Sa Majesté Mbassi Prosper Parfait, va directement se mettre à pied d’œuvre sans tarder. Très tôt le samedi matin, il prendra part à la dernière réunion de concertation avec la quasi-totalité des chefs de la région du Littoral au Palais Dika Akwa. Après cette réunion de  concertation qui aura duré près de 2 heures, suivra celle avec les autorités administratives de la ville. A la fin de celle-ci, suivra une visite guidée de la ville de Douala, qui nous amènera de la salle des fêtes d’Akwa jusqu’au palétuviers de Bonabéri, en passant à chaque fois par des endroits historiques repaires de ceux-là qui auront donné de leur vie afin que le Cameroun, un et indivisible, soit debout et fier de sa liberté. Nous avons ainsi pu visiter le lieu de pendaison du Roi Douala Manga Bell par l’administration allemande, sa sépulture, son Palais et tous les lieux historiques de ses chefs qui ont marqué à tout jamais, l’histoire du Cameroun. Cette visite guidée nous mènera aussi au Palais du Patriarche des Rois Douala âgé actuellement de 93 ans  révolus. Palais qui sera aussi le lieu de départ de la caravane pour les berges du mythique fleuve Wouri (lieu du Ngondo) où vont se dérouler les rites sacrés en faveur du retour de la paix.

Les chefs sur les berges du Wouri

Les rites de la paix

Il est 09 heures environ lorsque le cortège des chefs traditionnels (Nord, Sud, Est, Ouest) se réunit sous  une pluie battante, sous le perron du palais du patriarche qui a tenu malgré son âge avancé,  à dire  un mot à ses pairs, mieux, à ses fils. Et c’est sous cette pluie, signe de bénédiction, qu’il leur dira : « Faites tout ce que vous pouvez, tout ce qui est en votre pouvoir pour que  règne à nouveau la paix dans ce pays. Nous sommes de tout cœur avec vous. » C’est sur ces mots forts d’encouragement et de soutien du Patriarche, et en présence du Délégué du gouvernement auprès de la ville de Douala Fritz Ntone Ntone que la caravane des chefs et de nombreux Camerounais venus pour la circonstance va s’ébranler à pieds en direction des berges du Wouri. Rappelons que cette caravane pour la paix est organisée sous le très haut parrainage du Chef de l’Etat Paul Biya. La cérémonie officielle pour la paix et le vivre ensemble consiste  en un ensemble des us et coutumes traditionnels en faveur d’un retour imminent et sans condition de la paix dans l’ensemble des dix régions qui constituent le Cameroun. Cette cérémonie officielle s’ouvre donc sur la place du Ngondo avec l’exécution de l’hymne national. Parole sera donnée au point focal, Sa Majesté Dissaké Mouané qui viendra, tout en souhaitant la bienvenue à tous ceux qui auront sacrifié de leur temps pour la circonstance, et rappeler la sacralité du lieu où ils se trouvent, mais aussi l’importance de cette cérémonie d’un autre genre : « Si par cette cérémonie, un terme peut être  mis aux souffrances du peuple Camerounais, aux attaques terroristes, tueries tous azimuts, au tribalisme, au péril du vivre ensemble, à l’ignominie des hommes politiques, à l’exode forcé des populations, pourquoi ne pas la tenir ? Elle est une cérémonie de purification qui se veut non tendancieuse et non partisane. » Il ne s’agit donc pas d’une cérémonie politique ou d’un meeting, mais d’une cérémonie traditionnelle pour communier avec les autres, afin de noyer dans les eaux du Wouri, ce mauvais vent. Après ce discours qui pose les jalons de cette cérémonie, suivra le discours de Sa Majesté Mbassi Prosper, Coordonnateur National qui vient faire la genèse de cette caravane qui prend naissance le 22 juin à Batchenga, et aussi rappeler  pourquoi Douala : « Douala, porte d’entrée du Cameroun, Douala, sol où s’est joué le destin du Cameroun, ville historique et pleine de significations pour tous les Camerounais. Les chefs traditionnels ont décidé en tant que Garants de nos traditions, de prendre leurs responsabilités ; c’est pourquoi, à tous nos enfants, nous disons stop ! Trop de sang a coulé ! Non à la souffrance de nos populations ! Non au tribalisme et à la haine ! Non à la conquête et à la conservation du pouvoir par la violence ! Stop à la destruction des familles et des destins ! Figurez-vous, ce sont nos enfants, qu’ils soient chrétiens ou musulmans ; animistes du Nord, de l’Est, du Littoral, de l’Adamaoua, du Nord-ouest, du Sud-ouest ou du Sud, ce sont nos enfants ; c’a trop duré et ça doit s’arrêter. Nous rappelons et recommandons aux politiques de débattre sans combattre, de protéger les populations qu’ils prétendent tant aimer. La paix n’est pas une affaire de parti politique, ni de groupe religieux. C’est une exigence individuelle et collective ; nous devons la préserver ensemble pour la transmettre à nos enfants. » A la suite de Sa Majesté Mbassi, les chefs traditionnels du Littoral vont prendre la parole par la voix de Sa Majesté Ngollé, Chef du Canton Abôh Sud qui viendra en son nom et ceux de ses pairs, s’adresser au peuple du Littoral et du Cameroun tout entier  en ces termes : « Unis pour conjurer le sort funeste qui accable le Cameroun depuis 4 années, nous nous sommes engagés à parcourir les dix régions du pays, portant à chaque fois, le message de paix et du vivre ensemble dans les villes, les Cantons et toutes les zones les plus reculées du pays sans ménager ni nos forces, ni notre détermination. » Après ce discours, suivra le moment du rite pour la paix au cours duquel tous les chefs supérieur des Cantons du Littoral sont appelés à prendre place dans la case sacrée aménagée pour la circonstance, afin de communier avec les ancêtres et tous les esprits pour que revienne la paix. A la sortie de la dite case sacrée une heure plus tard, tous les chefs sont appelés à se rapprocher et Sa Majesté Mbassi, le Coordonnateur National de la Caravane pour la paix et le vivre ensemble. Il va recevoir des mains du ritualiste, la calebasse de la paix qui devra à l’exemple du feu Olympique parcourir les dix régions du pays. Il recevra aussi le message des ancêtres ; toutefois, il restera secret. Voilà la caravane et le chemin de la paix qui s’est ouvert. Puisse  tous les Camerounais écouter l’appel de nos Guides et s’engager définitivement dans la voie de la résolution pacifique de ce conflit qui ne cesse de causer des douleurs aux familles meurtries ? La prochaine étape est la région de l’Ouest.

Guy Maxime Banyolak

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