Assainissement de la ville de Yaoundé

Assainissement sur le tronçon Acacias/Rond point express: pourquoi ce projet qui date suscite-t-il la polémique dans l’agora?

Célestine Ketcha Courtes a entrepris, ces derniers jours, d’assainir certains quartiers de la ville de Yaoundé, en l’occurrence Nkolmesseng et Biyem Assi Acacias. Si à Nkolmesseng, les premières actions ont consisté à faire arroser la ruelle poussiéreuse et suffocante de ce quartier de l’arrondissement de Yaoundé Vème, au carrefour Acacias à Biyem-Assi, un matériel roulant est venu de la commune d’arrondissement de Bagangté. Il s’agit des camions de vidange, dont le but est d’aspirer tous les déchets contenus dans les égouts sur le tronçon Acacias/ Rond point Express. Après observation sur le site, des agents affectés par la ministre de l’Habitat et du Développement urbain (Minhdu) creusent le ciment qui recouvrait des égouts de la chaussée. A l’aide d’un seau relié à une corde, des hommes curent, tour à tour, des immondices. L’on aperçoit, entre autres, des bouteilles, des sacs plastiques, ainsi que des pneus ayant été retirés d’une fosse d’environ 4 mètres de profondeur. A priori, il n’y a pas de problème à implémenter un projet d’une telle essence surtout que les populations locales du quartier Biyem-Assi s’en réjouissent depuis que la patronne du Minhdu a décidé d’opérationnaliser cette action visant à assainir ce giron de l’arrondissement de Yaoundé VIème.

D’ailleurs, dans le registre de l’intercommunalité suivant la loi d’orientation de la décentralisation, il est admis la collaboration entre les communes. En effet, l’intercommunalité, c’est la relation de partenariat que deux ou plusieurs communes peuvent entretenir en vue de la réalisation d’actions d’intérêt commun. D’après le cadre légal, la loi d’orientation de la décentralisation du 22 juillet 2004 admet l’idée de collaboration éventuelle entre deux communes. De même, dans cette loi qui fixe les règles applicables aux communes, l’article 3 ayant trait à la mission générale de développement local et d’amélioration du cadre et des conditions de vie qui incombe à la commune, dispose, en son alinéa 2, qu’elle “peut, en plus de ses moyens propres, solliciter le concours des populations, d’organisations de la société civile, d’autres collectivités territoriales décentralisées, de l’Etat et des partenaires internationaux”. De plus, la loi portant régime financier de l’Etat fixe les règles générales applicables à la gestion des finances des collectivités territoriales décentralisées et des opérations intercommunales. Fondamentalement, le cadre légal de l’intercommunalité dissipe la polémique du matériel roulant de la mairie de Bagangté à Yaoundé VI. C’est précisément, pour ceux et celles qui ne le savent pas, le bien-fondé de l’intercommunalité comme moyen rapide et aisé permettant aux communes de réaliser des projets sur la base de la solidarité mécanique intercommunale. L’enjeu, au finish, consiste à remédier au problème de la modicité de leurs ressources.

Cependant, au vu de la réalité observée, existe-t-il, à proprement parler, une “solidarité mécanique”, au sens durkheimien du terme entre la commune de Bagangté et la commune de Yaoundé VI? Que nenni! Célestine Ketcha Courtes a-t-elle rencontré Jacques Yoki Onana dans l’optique d’enclencher la démarche relative au lancement des travaux d’assainissement en cours depuis le 19 janvier 2019? NON PLUS! Le maire de Yaoundé VI, qui fait savoir qu’il a été informé par le biais des réseaux sociaux, affirme, d’ailleurs, ce propos dans le quotidien “Le jour” du mardi, 22 janvier 2019:

” Je suis très surpris par la démarche. J’essaie d’établir la relation entre la mairie de Bagangté et celle de Yaoundé VI. Je pense quand même que si quelque relation devait être établie entre ces deux institutions, c’est par les différents maires que nous sommes. Le maire de Bagangté se serait rapproché de moi en tant que maire, ne fût-ce que par élégance. Je n’ai jamais été approché par qui que ce soit. Je suis surpris de constater que des camions d’assainissement estampillés commune de Bagangté se retrouvent en train d’effectuer des travaux. J’aurai également appris, par le biais des réseaux sociaux, que ce serait une opération du ministre de l’Habitat et du Développement urbain (Minhdu) qui peut-être, avec sa double fonction de ministre et de maire de Bagangté, a envoyé les camions de cette mairie. Je pense que, fût-il un travail du Minhdu, juste par élégance, on aurait prévenu la commune. Il est vrai aussi que cela relève de sa compétence, le maire que je suis aurait voulu être prévenu”.

Yoki Onana n’a donc pas été informé par Ketcha Courtes. Cela témoigne d’une maladresse, d’une inélégance et d’une lacune légendaires en terme de méthode opératoire. Mais après investigations, il apparaît que la figure de proue qui manœuvre,sous cape, pour matérialiser cette dynamique d’intercommunalité entre les communes de Bagangté et Yaoundé VI de manière alambiquée et biaisée, c’est le Délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Yaoundé. Toute chose qui est une maladresse à battre en brèche. Cette initiative curieuse entraîne même un questionnement épistémologique. Pourquoi depuis plus d’un an que Yoki Onana est à la tête de la mairie de Yaoundé VI, Gilbert Tsimi Evouna n’a pas coopéré avec le chef de l’exécutif communal dans l’optique de régler ce problème? Quelle est l’opportunité de la résolution du problème d’assainissement des égouts sur le tronçon Acacias/Rond point Express? Pourtant, ce casse-tête chinois remonte à plusieurs années. Andjessa Melingui, Paul Martin Lolo, entre autres, furent à la tête de cette mairie de Yaoundé VI, mais cette scorie ne fut guère élaguée. Le délégué du gouvernement actuel était en poste comme à l’heure actuelle. Aujourd’hui, Yoki Onana tient encore les rênes de cette mairie, le magistrat municipal trouve que c’est le moment opportun de résoudre ce problème. C’est, du moins, curieux lorsque l’on sait que c’est le délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Yaoundé qui avait voulu positionner Esther Effa, alors maire par intérim, à la tête de cette commune. Yoki Onana avait même reçu la sommation de Tsimi Evouna pendant qu’il persistait à s’opposer à l’idée du positionnement de dame Effa au frontispice de cette commune. Henri Eyebe Ayissi, alors délégué du comité central du Rdpc, avait été envoyé pour présider l’élection du maire, mais il avait subi les foudres de la majorité du conseil municipal acquise à la cause de Yoki. Des Conseillers municipaux avaient élu Yoki Onana in fine. C’est donc à cause de l’humiliation de Tsimi Evouna que ce dernier s’engage à faciliter l’interventionnisme de Ketcha Courtes, qui n’a même pas réalisé une étude environnementale sur le tronçon Acacias/Rond point express pour débusquer le problème qui s’y pose avec acuité. Ce problème est plus corsé que quiconque ne s’imagine.

Le Don King
Mot à wou à wou!

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