Un des Conseillers de Paul Biya est mort

Trajectoire du « conseiller de l’ombre » de Paul Biya qui est mort.

Le plus puissant conseiller juridique de Paul Biya est décédé, ce dimanche, 13 janvier 2019, en fin d’après-midi à Genève des suites de maladie. C’est très tôt ce matin que certains influencers web ont annoncé, comme une traînée de poudre, l’évacuation sanitaire de celui qui était le Président du conseil d’administration de l’Université de Yaoundé I.

Jean Foumane Akame était décrit comme l’une des personnalités les plus influentes de la magistrature au Cameroun. Diplômé de l’Enam (Ecole nationale d’administration et de magistrature), Foumane Akame était un homme discret. C’est non sans pertinence que d’aucuns l’avaient baptisé « le conseiller de l’ombre » de Paul Biya. Le patronyme de ce fils natif du Sud était, très souvent, cité comme l’un des plus proches collaborateurs du Chef de l’Etat. En 2013, le conseiller aux affaires juridiques du Président de la République avait été présenté par le site français « Médiapart » comme « l’homme qui fait et défait les carrières des magistrats au Cameroun de par sa posture de Secrétaire permanent du conseil supérieur de la magistrature ».

Né le 31 août 1937 à Ndonkol dans la région du Sud du Cameroun, Foumane Akame était titulaire d’une Licence en Droit public, diplôme grâce auquel il accède à l’Enam, école élitiste dans l’imaginaire collectif. Le 3 août 1966, Foumane Akame est intégré dans le corps de la magistrature, où il fait ses premiers pas au point d’en devenir vice-président de la cour d’appel de Dschang (1969-1970). C’est par la suite que le jeune magistrat devient conseiller et président de la chambre administrative de la cour fédérale de justice (1970-1971), puis président de la cour d’appel de Garoua (1971-1973). L’homme en toge noire a été, dans la même lancée, président de la cour d’appel de Yaoundé (1973-1974). Du 9 janvier 1974 au 17 juillet 1980, ce magistrat de la République est promu Secrétaire général du ministère de la Justice, Garde des sceaux. Le 18 juin 1983, le patron administratif du Minjustice est nommé ministre de l’Administration territoriale (Minat), à la tête duquel il trônera pendant un an. Depuis le 22 novembre 1986, Foumane Akame est conseiller technique à la Présidence de la République. Parallèlement, ce dignitaire du régime se mue en Président du Tribunal de première instance de l’Organisation internationale de la Francophonie. Il a été nommé à cette fonction de décision par le Chef de l’Etat le 16 avril 2010. Cette juridiction a été créée en application du nouveau statut du personnel de l’Oif, dont les litiges étaient tributaires, jusqu’à sa mise en place, des tribunaux français.

Le magistrat hors-échelle, ancien chancelier de l’Université de Yaoundé, ancien membre du comité central du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), a été fait membre du Conseil constitutionnel le 7 février 2018 par Paul Biya. Son nom a été cité, lors du contentieux électoral lié à l’élection présidentielle du 7 octobre 2018, par le conseil de Maurice Kamto comme l’un des cinq membres, dont la casquette devait être déchue en sa double qualité de membre du comité central du Rdpc et en même temps membre du de cette haute instance juridictionnelle. Me Yondo Black Madengue, Emmanuel Simh, André Léonard Ndem, Akere Muna, Michèle Ndoki et une quarantaine d’avocats au barreau du Cameroun etc exigeaient, au rôle du Conseil constitutionnel, la récusation de la qualité de membre de cet organe de Jean Foumane Akame, Clément Atangana, Emile Essombe, Joseph Marie Bipoun Bi Woum, Emmanuel Bonde et Jean Baptiste Baskouda. Leur degré partialité était alors sur la sellette. Mais, ce recours du Mrc avait été jugé, in fine, accepté dans la forme et irrecevable dans le fond.

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