Transport de l’électricité : Signature de contrats de concession

Transport de l’électricité : Signature de contrats de concession

Le Ministre de l’Eau et de l’Energie a présidé la cérémonie de signature des contrats de concession, de transport et de gestion du réseau de transport de l’électricité à Yaoundé par la Société Nationale de Transport d’Electricité (SONATREL) ce 27 avril 2018.

Avec l’appui et peut-être la pression de la Banque Mondiale, la Société Nationale de Transport d’Electricité (SONATREL) peut servir d’exemple de célérité dans un environnement où le temps généralement mis entre la création et l’entrée en activité d’une structure d’Etat suscite toujours des questions sur la volonté réelle du gouvernement camerounais à aller vers l’émergence à l’horizon 2035. Créée le 08 octobre 2015 par décret présidentiel N°2015/454 conformément à la loi N°2011/022 du 14 décembre 2011 régissant le secteur de l’électricité, le Président du Conseil d’Administration et les membres du dit Conseil seront nommés le 04 février 2016, respectivement par les décrets N°2016/067 et N°2016/068. Le 16 février 2016, le Ministère du Cadastre et des Affaires Foncière lui attribue déjà un local provisoire ; en octobre 2016, les textes de base (Statuts, Règlement intérieur et Organigramme, grille salariale et avantages y affairant) de SONATREL sont adoptés. Le 16 décembre 2016, la SONATREL est immatriculée au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier ; le 28 février 2017, les postes sont pourvus. Impressionnant tout de même ! L’on a l’impression que pour ce cas, le Chef de l’Etat a pris les choses en main. Comment ne pas l’imaginer quand on sait que la vétusté des moyens de transport de l’énergie est à l’origine des multiples délestages subis par les ménages et les industries au Cameroun. La conséquence du déficit dans le secteur de l’énergie électrique a un impact certain sur le taux de productivité d’une nation. Le commun des mortels comprendrait facilement que face à son ambition de faire du Cameroun un pays à revenus intermédiaires supérieurs à l’horizon 2035, le Président Paul Biya a du mettre du sien dans l’opérationnalisation de cette entreprise. D’où l’aboutissement en ce 27 avril 2018 avec la cérémonie de signature de 2 contrats de concession : le transport et la gestion du réseau  de transport de l’électricité. Ces contrats sont assortis  de cahiers de charges et d’un contrat de performance en annexe. Une lourde responsabilité quand on sait que le contrôle permanent de l’équilibre de fonctionnement du réseau électrique à travers une meilleure programmation et coordination de la mise en œuvre des moyens de production et de transport d’électricité dans les meilleurs conditions d’économie, de sécurité et de continuité en collaboration avec l’ensemble des opérateurs du système électrique. Bien plus, la Sonatrel se trouve projetée au cœur du système électrique aussi bien au niveau national que sous-régional avec des ambitions certaines : pourvoir un ensemble de pays de la sous-région en électricité (RCA, Congo, Tchad, Nigéria). Elle deviendra ce qu’on appelle dans le jargon, « une société au cœur du poole énergétique d’Afrique Centrale (PEAC) » dixit le Directeur Général de la SONATREL Victor Mbemi Nyaknga. Aussi importe-t-il de signaler que préalablement, le gouvernement du Cameroun a signé avec la société ENEO, l’Avenant N°2 le 07 août 2015 afin de prendre acte des accords de principe relatifs à certaines modifications des contrats de concession en cours. D’après le Ministre de l’Eau et de l’Energie : « Le Directeur Général d’ENEO  a promis sa disponibilité quant à apporter son soutien à la SONATREL en cas de sollicitation.»

Les résultats attendus

Dans son discours, le Ministre de l’Energie et de l’Eau Gaston Eloundou Essomba a déroulé la feuille de route de la Sonatrel à moyen terme, à l’horizon 2022 – 2023 : l’amélioration de la capacité de transit du réseau de transport ; la réduction des pertes sur le réseau de transport ; la réduction du nombre d’heure de coupure d’électricités liées à des dysfonctionnements dans le système de transport et l’amélioration de la stabilité du système de transport de l’électricité. Par ailleurs les principales prescriptions du ministre sont les suivantes : la construction de la ligne Double terne 400 KV Nachtigal-Nyom et le poste de Nyom ; la construction des lignes 90 KV, Nyom-Oyomabang et Nyom-Ngousso ; la construction de la ligne 400KV, Edéa-Nyom en passant par le poste de Nkolnkoumu ; la construction de la ligne 110 KV, Garoua-Guider-Maroua ; le renforcement des postes de Maroua, notamment la partie 225 KV ; la ligne DOUBLE Terne 225 KV Garoua-Maroua ; l’interconnexion du RIS et RIN ; les interconnexions transfrontalières Tchad-Cameroun et Cameroun-Nigéria.

L’apport de la Banque Mondiale

Pour atteindre ces objectifs, la Banque Mondiale a accordé un prêt de 325 million de dollars américains, soient environ, 179 milliard de francs CFA. Cet appui qui survient dans un contexte où dans son rapport 2016 sur le Cameroun, la Banque Mondiale indique que le taux Productivité Total Facteur (PTF) du pays de Paul Biya est de 0% ; et que par conséquent,  il importe que le Cameroun réalise dorénavant, un taux PTF qui est l’indicateur de la productivité, pour espérer, avec un taux de croissance de 08% au moins par an pendant 19 ans, être un pays émergent (à revenus intermédiaires supérieurs) à l’horizon 2035. Cet appui aussi rentre dans la vision de cette Institution qui s’est fixée pour objectif d’après son rapport 2017 de mettre fin à l’extrême pauvreté, promouvoir une prospérité partagée en aidant les pays en voie de développement à atteindre leurs objectifs de développement prioritaire. En effet, au regard de la feuille de route à lui tracée, la Sonatrel favorisera l’atteinte de ces objectifs par l’augmentation de la production des unités industrielles, petites et moyennes, ainsi que des menages qui, de toute évidence augmenteront leurs revenus en l’absence des délestages qui constituent un frein à la croissance comme l’ont maintes fois fait entendre les membres du Gicam.

Léonard Fandja

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