Santé publique : Le Ministre reçoit en audience les malades souffrant d’insuffisance rénale.

Le Ministre de la Santé Publique Docteur Manaouda Malachie a reçu en audience, les malades souffrant d’insuffisance rénale du Centre Hospitalier Universitaire (CHU) le lundi 23 décembre 2019 à 10 heures.

En date du vendredi 20 décembre 2019, votre journal vous avait servi par le biais de sa page Facebook « Les visages d’Afrique », un « Direct » depuis l’hôpital Général de Yaoundé sur la grève des malades souffrant d’insuffisance rénale, qui ne parvenaient plus à se faire dialyser. Par contre, quelques jours avant, leurs camarades qui se font dialyser au Centre Hospitalier Universitaire (CHU) avaient sollicité une audience auprès du Ministre de la Santé Publique parce que le Directeur du CHU le Docteur Kaze leur aurait demandé de se préparer…à mourir ? Puisqu’à la fin d’année il n’y aura plus moyen de s’occuper d’eux. Fort heureusement, confirmant la bonne réputation dont il joui encore au sein de la population camerounaise, le Ministre Manaouda Malachie qui est d’ailleurs en deuil pour avoir perdu son papa, a reçu ces malades le lundi 23 décembre 2019 à 10 heures en compagnie d’une dizaine de ses collaborateurs.

Echanges courtois empreints de respects mutuels

                 Au cours de l’audience, l’on a vu un Ministre respectueux, attentif et compatissant. Suffisant pour essuyer les coups qui lui sont assenés régulièrement par les ennemis du travail bien fait. Il a d’entrée félicité ces malades qui ont opté pour cette démarche républicaine plutôt que la voie de leurs camarades qui ont préféré manifester dans la rue. Pendant les échanges, l’on apprendra que 10 de leurs camarades sont actuellement à la morgue ; seules 04 machines fonctionnent pour plus de 150 malades ; C’est à peine que les malades se font dialyser une fois par semaine au CHU ; les malades sont maltraités au CHU ; quand il vont à Ebolowa, le service est nettement mieux qu’au CHU ; le Docteur Kaze les a appelés pour leur dire qu’à la fin d’année il ne sera plus possible de s’occuper d’eux puisque le CHU traine des dettes de plus de 03 ans envers leurs fournisseurs ; il leur faut un bilan chaque mois qui coûte 60 000 F ; il n’est pas possible de conserver les poches de sang qui coûtent déjà très cher et qui ne seraient plus utilisables après  2 à 3 heures de non conservation dans les conditions idoines ; à chaque séance de dialyse il faut débourser 5 000 F et 35 000 F pour certains produits (hormones) ; et à dire qu’il faut normalement 3 séances par semaine. On fixe les rendez-vous à 3h du matin aux malades et parfois, on te fixe un rendez-vous à 17 heures, et vous attendez toute la nuit et toute la journée parce qu’on viendra vous dire qu’il y a eu des urgences qui ne sont en réalité que ceux qui « parlent bien. » Est-ce que l’Etat ne peut pas subventionner comme dans d’autres pays ?

                 En réaction à tout ce qui précède, le Ministre se dit très étonné d’autant plus que pas plus tard que samedi le 21 décembre 2019, il a rencontré le Docteur Kaze qui a semblé lui dire que tout allait normalement. Cris de désapprobation des malades. Le Ministre est d’autant plus étonné pour un tel comportement qu’il estime que nul n’est à l’abri de cette maladie. Le patron de la santé au Cameroun dit même que la réflexion était déjà engagée pour diversifier les fournisseurs et la détermination d’un stock de sécurité qui permette de servir les malades pendant environ 03 mois. D’ailleurs dira le ministre : « une réunion est prévue dans l’après-midi avec mes collaborateurs et les responsables des structures disposant du Centre d’hémodialyse. » Le Ministre dira même que le service est bien à Ebolowa comme ailleurs dans les hôpitaux publics parce que c’est le gouvernement qui s’en occupe alors que le CHU et l’hôpital général sont autonomes. A la fin, le Ministre fera la promesse de faire avancer les choses après la réunion prévue dans l’après-midi là tout en disant aussi que le véritable tendon d’Achille dans cette affaire comme dans d’autres, est la situation de la trésorerie très tendue avec la situation d’insécurité qui prévaut  actuellement.

Le paradoxe dans tout ça

                 Le paradoxe dans tout ceci est que le Ministre de la Santé Publique avait reçu au courant de cette année qui s’achève, les responsables d’une structure européenne, leader mondial dans le domaine de la santé et de la livraison du matériel médical qui avait d’ailleurs sollicité un partenariat avec le gouvernement camerounais pour pourvoir nos hôpitaux en ces appareils qui font cruellement défauts à nos malades du jour. Les multiples relances de cette structure sont restées sans suite et pendant ce temps les gens meurent ; 10 actuellement à la morgue dans l’espoir qu’entre temps le nombre de .morts n’a pas évolué. Ces structures européennes ont realisé de très grandes choses en Afrique. Elles ont déjà construit des dizaines d’hôpitaux en Afrique et particulièrement au Gabon, Ghana et Côte d’ivoire. Et d’après nos investigations, pour peu que le gouvernement camerounais veuille sauver des vies, des structures comme celles-là sont prêtes à mettre à la disposition du gouvernement même en 02 mois, plusieurs centres d’hémodialyse au Cameroun.  Quand bien même ce serait les collaborateurs du Ministre qui bloquent le processus de partenariat avec la grande structure mondiale, il serait préférable que les lecteurs qui sont eux-aussi des potentiels ou éventuels malades de l’insuffisance rénale et qui connaissent le Docteur Manaouda Malachie puissent l’en informer. Puisse le gouvernement camerounais arrêter de faire mourir les camerounais ? Comme dit ce proverbe italien : « Qui vit d’espoir, meurt de désir. » Sauvons les malades d’insuffisance rénale qui sont dépassés. Ceux de l’hôpital général avaient manifesté au lendemain de la mort d’un jeune garçon en année de licence professionnelle et donc titulaire du BTS.

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